Musicien, poète et homme de cour, il devient l’une des figures les plus influentes d’Al-Andalus. Il développe l’enseignement musical, perfectionne le luth et introduit également de nouvelles façons de s’habiller, de se coiffer, de cuisiner et de recevoir.
On lui attribue notamment l’introduction de l’asperge à la table cordouane, un nouvel ordonnancement des repas et l’utilisation de nappes plus raffinées.
Mais ce qui nous intéresse ici est surtout sa façon de servir le vin.
Ziryâb aurait contribué à remplacer ces gobelets par des coupes en verre ou en cristal, dont la transparence permettait enfin d’apprécier la couleur de la boisson. Le musée de l’Alhambra rapporte précisément qu’il considérait les beaux verres comme mieux adaptés à une table élégante que les gobelets métalliques.
Il faut cependant distinguer cette histoire de celle du verre à pied tel que nous le connaissons aujourd’hui.
On ne peut pas affirmer avec certitude que Ziryâb l’ait inventé.
Quelques siècles plus tard, les verriers de Venise et de Murano vont considérablement perfectionner le verre à boire. À partir du XVe siècle, leur cristallo, extrêmement clair et léger, devient célèbre dans toute l’Europe. De magnifiques verres à vin sur pied sont notamment documentés aux XVIe et XVIIe siècles.
Progressivement, la jambe du verre devient aussi très pratique : elle permet de tenir le verre sans réchauffer directement le vin avec la main et sans trop marquer le calice.
Aujourd’hui encore, nous bénéficions de cette évolution chaque fois que nous prenons un verre par le pied.
Et puisque nous avons le verre en main, pourquoi le faisons-nous sonner contre celui de notre voisin ?
Une histoire très répandue raconte qu’au Moyen Âge on entrechoquait violemment les verres pour que quelques gouttes passent d’un récipient à l’autre. Ainsi, chacun pouvait être certain que l’autre n’avait pas empoisonné son vin.
C’est une belle histoire… mais elle relève probablement davantage de la légende que de l’histoire établie. Les recherches sur l’origine du toast ne trouvent pas de preuve solide confirmant cette théorie du poison.
J'aime beaucoup croire aux légendes.
Le geste de lever son verre en l’honneur de quelqu’un est en revanche beaucoup plus ancien.
Aujourd’hui, le « tchin » reste surtout un geste de convivialité et de partage.
Et finalement, c’est peut-être l’essentiel.
Sa taille, son ouverture, son volume et sa forme modifient la manière dont les arômes arrivent au nez, la température du vin et même la sensation que nous avons en bouche.
Le contenant influence donc réellement notre perception du contenu.
Encore une belle illustration de tout ce qui peut agir sur notre dégustation… sans que nous en ayons toujours conscience.
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